Pénurie de carburants fossiles : les champignons, la solution?


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Le monde actuel est extrêmement dépendant des combustibles fossiles. Les réserves de pétrole, comme celles des autres ressources naturelles, sont épuisables. Conscient du problème, le Pr Adrien Tsang cherche une solution durable en étudiant sous toutes ses coutures l’ADN des champignons. Ses recherches en génomique pourraient très bien ouvrir la voie à une nouvelle source d’énergie moins polluante.


Pénurie de carburants fossiles : les champignons « magiques »?

Les réserves de combustibles fossiles s’amenuisent de jour en jour. Partout dans le monde, les scientifiques cherchent des solutions de rechange efficaces et écologiques. Professeur de biologie à l’Université Concordia et directeur du Centre for Structural and Functional Genomics, Adrian Tsang est l’un de ceux-là. Et il pourrait très bien avoir trouvé la solution « magique ». Son approche : la génomique.

 

La solution : les champignons?

Le Pr Adrian Tsang, qui s’intéresse à l’étude des gènes, croit que la solution à la pénurie de carburant fossile se cache… dans les champignons! C’est pourquoi il séquence et analyse sans relâche leur ADN. Son objectif? Comprendre la structure et le fonctionnement des champignons pour mettre au point une technologie novatrice. En effet, ses connaissances lui permettraient de créer des procédés qui diminuent l’utilisation des produits chimiques dérivant du pétrole dans l’industrie, mais, surtout, de convertir les résidus de bois en bioéthanol, un carburant propre.

Le saviez-vous?

En raison de leurs caractéristiques particulières, les champignons ne peuvent être classés dans le règne végétal ni dans le règne animal. La plupart des champignons sont inoffensifs ou bénéfiques; certains peuvent causer des maladies. Cela dit, ils représentent un champ d’études très intéressant et prometteur en génomique de l’environnement. Par exemple, ils pourraient être utilisés pour décontaminer les sols de la planète entière.

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« Les champignons jouent un rôle naturel dans la décomposition. Ils désagrègent en sucres la biomasse ligneuse qui se compose de branches, de cimes, d’aiguilles, de feuilles, de buissons et de broussailles. Les champignons représentent donc un laboratoire naturel idéal où nous pouvons chercher les protéines qui participent à ce processus et que nous nous proposons d’utiliser et de reproduire. » affirme le Pr Tsang.

 

Cette technologie révolutionnaire réduirait de façon considérable la consommation de carburants fossiles et la formation de gaz à effet de serre. Toujours selon le Pr Tsang, elle possèderait également un grand potentiel économique et permettrait à la planète entière d’être moins dépendante du pétrole et de ses produits chimiques dérivés.

Le bioéthanol : une alternative écologique au pétrole

Le bioéthanol est un carburant produit à partir de matières organiques et il peut être utilisé dans certains moteurs à essence. Les végétaux qui contiennent du saccharose (ex. : canne à sucre, betterave…) ou de l’amidon (ex. : blé, maïs…) peuvent être transformés en bioéthanol. Cependant, le bioéthanol produit actuellement sème la controverse car il est généré à partir principalement de maïs, aggravant le contexte de crise alimentaire qui sévit dans plusieurs parties du monde. C’est pourquoi les recherches du Pr Tsang sur les champignons sont aussi importantes car elles permettront de passer à une nouvelle génération de biocarburants n’utilisant pas des matières destinées à la nourriture.

Adrian Tsang

Professeur de biologie à l’Université Concordia

 

« L’avantage d’utiliser des combustibles fabriqués à partir des résidus du bois et de l’agriculture, c’est que nous n’augmentons pas les émissions de gaz à effet de serre. La combustion de combustibles fossiles projette dans l’atmosphère, sous forme de CO2, le carbone enfoui dans le sol depuis des millions d’années. Durant leur croissance, les arbres et les espèces végétales cultivées absorbent le carbone de l’atmosphère. Le carbone emmagasiné dans la biomasse végétale est libéré dans l’atmosphère lorsque la biomasse se décompose et complète son cycle naturel. L’utilisation de la biomasse végétale pour la production de combustible donnerait à la société une source d’énergie durable sans nuire au cycle naturel. »

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