La génomique : pour protéger nos forêts contre les ravageurs

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Saviez-vous qu’à notre insu des ravageurs exotiques pourraient envahir les forêts du Canada… Si vous pensez à un film de science-fiction, vous n’y êtes pas tout à fait. Imaginez plutôt un film catastrophe!

 

Un navire en provenance d’Asie, lourd de marchandises, arrive dans le port de Vancouver. Si tout semble bien se dérouler dans les procédures de déchargement, les apparences sont pourtant trompeuses. Il transporte, à son insu, bien plus que des conteneurs. Un passager clandestin, passé inaperçu, a fait partie du voyage. Très vite, avec les déplacements des caisses d’expédition, ce passager indésirable s’immisce sur les côtes canadiennes et se propage dans nos forêts… Sa dissémination est hors de contrôle et les ravages dans nos forêts deviennent bientôt inévitables!

 

Qu’est-ce qui cause tant de ravages? Les espèces exotiques envahissantes! Le cas de la maladie hollandaise de l'orme d'Amérique, bien connu de tous, en est un bon exemple. L'introduction d'un pathogène, vraisemblablement d'origine asiatique, porté par un insecte vecteur, le scolyte de l’orme, a été à la source du développement de cette maladie, causant la quasi disparition de l'espèce dans son habitat en Amérique du Nord. D'autres espèces exotiques envahissantes, comme l'agrile du frêne, font aussi régulièrement la manchette! Ces dernières causent des dommages irréversibles à l'environnement et coûtent des centaines de millions de dollars au Canada, touchant les secteurs de l'agriculture, de la foresterie et du commerce international.

 

 

Scolyte de l'orme
Source : Ressources naturelles Canada

 

 

Agrile du frêne
Source : ACIA

 

 

Mais comment détecter ces espèces envahissantes avant qu’il ne soit trop tard?

Les professeurs Roger C. Levesque de l'Institut de biologie intégrative et des systèmes de l'Université Laval et Richard Hamelin de la University of British Columbia font partie de la solution. Ce projet, en collaboration avec Michel Cusson de Ressources naturelles Canada et Cameron Duff de l’Agence canadienne d'inspection des aliments, vise à mettre au point des outils de biosurveillance en détectant l’ADN des espèces exotiques envahissantes. La biosurveillance permet la détection précoce de ces espèces nuisibles, et ce, dès leur arrivée par bateaux dans les ports canadiens.

 

La détection hâtive est au cœur de la stratégie canadienne pour prévenir l’introduction de ravageurs exotiques envahissants. Un des défis de taille est l’identification rapide et précise d’échantillons récoltés par les inspecteurs sur le terrain. Souvent, seulement les stades immatures des insectes sont présents, ce qui complique l’identification précise. Une approche génomique permet maintenant d’identifier des régions du génome de ces ravageurs et de développer des outils de détection qui permettent non seulement d’identifier les espèces visées, mais aussi leur source potentielle. Cette information permet ensuite d’identifier les régions de la planète qui sont plus à risque et de cibler les navires en provenance de ces régions.  

 

Les outils de détection de l'ADN sur lesquels travaillent cette équipe multidisciplinaire viseront deux espèces : la spongieuse asiatique, qui se nourrit sur un éventail d'espèces d'arbres importantes sur le plan économique, et Phytophthora ramorum, un agent pathogène qui s'attaque à des douzaines d'espèces de plantes et d'arbres, dont le chêne et le mélèze. Ces outils cibleront des régions uniques de l’ADN des ravageurs, améliorant ainsi la capacité de l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) à repérer et à identifier rapidement ces deux espèces. Cliquez ici pour en savoir plus sur ce projet.

 

Spongieuse asiatique
Source : ACIA

 

Tordeuse des bourgeons de l'épinette
Source : Ressources naturelles Canada

 

Ces recherches sont effectuées dans le cadre d’un projet financé par le programme PPAG de Génome Canada et Génome Québec. Ce projet se déroulera sur une période approximative de trois ans. Par la suite, les laboratoires de l'ACIA utiliseront les outils pour optimiser et compléter leurs procédures actuelles.

L’ACIA protège les ressources forestières et agricoles du Canada en interceptant les ravageurs forestiers étrangers et en intervenant avant que ceux-ci ne s'établissent.

 

Écoutez le professeur Roger C. Levesque nous parler de ses autres travaux de recherche sur un ravageur bien connu des forêts canadiennes, la tordeuse du bourgeon d’épinette.

 

Pour des forêts en santé

Roger C. Levesque

« C’est 3 millions d’hectares de nos forêts québécoises qui ont été ravagés par les insectes. Il est clair qu’il faut intervenir face aux dommages irréversibles qui sont causés chaque année, tant au niveau du patrimoine forestier que de l’industrie du bois. La génomique est un des outils par lesquels on peut développer des solutions durables qui nous permettent de faire une prévention précoce et aussi de comprendre le cycle de développement des insectes ravageurs pour l’arrêter quand il est encore temps. »

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