La Génomique
et l'agroalimentaire



 La génomique, une révolution dans le secteur de l’agroalimentaire

Le secteur de l’agroalimentaire est un des secteurs les plus importants de l’industrie du Québec. Il contribue à l’économie provinciale en générant près de 7,5 milliards de dollars en retombées directes et en employant plus de 174 000 personnes[1].

Cependant, les défis et les obstacles que rencontre ce secteur sont nombreux. Il suffit de penser à l’approvisionnement local et mondial, à la rareté de l’eau, aux enjeux liés à la sécurité, à la qualité et à la valeur nutritive des aliments, ou, encore, aux maladies, aux parasites et aux insectes qui menacent les animaux d’élevage et les cultures.

La génomique est un outil puissant qui permet de trouver des solutions à ces différents problèmes. Elle permet, par exemple, de décrypter des génomes entiers en un temps record, et ce, à des coûts de plus en plus accessibles. La génomique a un impact tout aussi important sur la culture et l’élevage que sur la biologie et la santé humaine.

Améliorer la culture
du canola

Les activités économiques liées au canola et à ses produits dérivés étaient évaluées à près de 14 milliards de dollars, et ce, seulement au Canada (2008). L’équipe du professeur Bureau de l’Université McGill utilise la génomique pour identifier, caractériser et valider les régions d’ADN qui déterminent des caractéristiques importantes pour les cultures de canola, comme la résistance au froid, à la sécheresse ou aux agents pathogènes.

Le fruit de ces travaux mènera au développement de marqueurs génétiques qui pourront être sélectionnés pour générer des semences de canola plus performantes, améliorant ainsi la productivité des cultures et générant des bénéfices économiques accrus.

Cela aura, bien sûr, des répercussions chez les agriculteurs et les transformateurs du secteur et permettra, en améliorant la productivité par hectare cultivé, d’assurer un contrôle des coûts de production des produits alimentaires dans le futur.

Les résultats des recherches du professeur Bureau auront un impact ailleurs. En effet, ses bénéfices s’étendront au-delà de la culture de canola, puisque les marqueurs identifiés pourront aussi servir à d’autres cultures parentes (ex. : chou, navet, etc.).

Cette technologie permet :

  • de développer des cultures ayant une meilleure résistance aux facteurs qui nuisent à leur croissance (ex. : maladies, parasites, gel, sécheresse, inondations, etc.).
  • de cultiver des aliments plus riches en éléments nutritifs;
  • de mettre au point des biopesticides sécuritaires;
  • d’améliorer la digestibilité des produits alimentaires animaux;
  • de créer des outils pour faciliter la traçabilité des aliments, des cultures et des animaux d’élevage.

Pour plusieurs, la génomique représente bien plus! Elle ouvre la voie qui nous permettra de nous adapter aux changements climatiques et d’assurer la subsistance des quelque 9 milliards d’individus que comptera la planète en 2050.

Une production écoresponsable
de la canneberge

Originaire d’Amérique du Nord, la canneberge est un petit fruit dont la culture est très lucrative. En effet, elle ne cesse de gagner en popularité en raison de sa richesse en vitamines et de ses propriétés antioxydantes. En 2007, la production commerciale de la canneberge couvrait près de 3 000 hectares et était évaluée à 73 millions de dollars (Agriculture et Agroalimentaire Canada, 2011).

Le professeur Franz Lang, de l’Université de Montréal, poursuit des travaux sur cette culture dans le cadre d’un projet pilote de deux ans financé conjointement par le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ) et Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC). Ce projet pilote vise à améliorer la productivité des champs de canneberges et à réduire l’utilisation de produits chimiques grâce à la biofertilisation.

Les chercheurs ont pu établir que des variétés de canneberges très performantes, cultivées aux États-Unis, étaient colonisées par des microorganismes bénéfiques. Ces derniers ont été isolés, et des tests en laboratoire ont déjà démontré que plusieurs qualités de canneberges américaines (ex. : résistance aux agents pathogènes et croissance avec moins de fertilisants) provenaient de ces microorganismes. Cela signifiait donc que ces qualités pourraient être transférées aux cultures du Québec par une simple addition de microorganismes dans le sol. Des tests en champs sont en cours. Ces travaux ouvrent la voie à une culture hautement productive et écoresponsable de la canneberge.

Évidemment, d’autres types de cultures importantes pour le Canada pourraient profiter de la biofertilisation.

 

Tous ces progrès scientifiques ont comme objectif d’assurer une plus grande prospérité de l’agriculture et permettent d’entrevoir de nouvelles perspectives menant à un développement durable de ce secteur et à un avenir meilleur pour les populations.

Retombées de l’agroalimentaire dans l’économie du Québec

Plus grand secteur industriel du Québec, le domaine de l’agroalimentaire offre une immense capacité de recherche. Il s’agit d’un secteur d’intérêt critique, tant sur le plan de la concurrence que sur celui du bien-être de la population. La génomique peut contribuer à soutenir et à développer cette industrie pour en faire un créneau d’excellence à l’échelle nationale et internationale.

C’est avant tout par l’innovation, appuyée par la recherche, que les sociétés relèvent le niveau de vie des citoyens, poursuivent leur élan et créent la richesse, qui peut être répartie.

Les activités de production et de transformation des produits agricoles ont des répercussions importantes sur l’économie du Québec. Par exemple, en 2007, elles généraient un total de 174 285 emplois directs, indirects et induits à l’échelle provinciale. La création de richesses directes, indirectes et induites, provenant de ces secteurs (PIB), était de 13 milliards de dollars. De même, la production et la transformation agricoles génèrent annuellement 3,9 milliards de dollars en revenus de taxation et en parafiscalité, dont 2,8 milliards sont attribués au secteur de la transformation et le reste, soit 1,1 milliard, à celui de la production.

« Pour l’ensemble de l’économie québécoise, la production et la transformation agricoles ne sont pas négligeables lorsque mises en perspective, même si ces secteurs représentent 3 % ou moins du PIB et des emplois directs. Ainsi, seulement en ce qui touche les emplois directs, les secteurs de la production et de la transformation agroalimentaire surpassent l’industrie forestière ainsi que celles des mines et de l’aérospatiale. »*

*Source : Étude de Maurice Doyon, professeur au département d’économie agroalimentaire à l’Université Laval, préparée pour l’Union des producteurs agricoles, 2009.

Les défis du monde
agroalimentaire

La population mondiale croît à un rythme effréné. En 2050, la Terre comptera plus de 9 milliards d’humains. Le principal défi de l’industrie agroalimentaire est, évidemment, de réussir à combler les besoins de chaque individu en offrant des produits sécuritaires, savoureux et nutritifs, et ce, tout en respectant la planète.



[1] Source : La Presse, 11 novembre 2009, « L’agriculture est une industrie rentable au Québec », Philippe Mercure, bilan de l’Étude de Maurice Doyon, professeur au département d’économie agroalimentaire à l’Université Laval, préparée pour l’Union des producteurs agricoles, 2009.



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