Notre avenir


Et si la réponse se trouvait dans l’ADN?

Si l'on se permettait de rêver un peu à l’avenir de notre monde? Projetons-nous, le temps d’un moment, dans le futur, disons en l’an 2053!

Imaginons que le plein potentiel de la génomique s’est réalisé et qu’il est, depuis, ancré non seulement dans le secteur des sciences, mais qu’il fait également partie de nos habitudes de vie, et cela, autant dans les secteurs de la santé que de l’environnement ou de l’agriculture. De quoi aurait l’air ce monde?

Avis aux lecteurs : ce texte est une fiction. Toute ressemblance avec des personnages ou des événements du futur est le fruit d’un long travail effectué par les pionniers de la génomique.


Un éditorial du futur… En 2053, la génomique est à l’honneur dans les médias

Extrait de l’éditorial du quotidien L’écho de l’avenir, le 1er avril 2053, page A1

 « Le mois d’avril 2053 représente une date anniversaire marquante dans l’histoire de l’évolution du monde du vivant : il y a cent ans, soit le 25 avril 1953, les chercheurs Watson et Crick ont établi la structure en double hélice de l’ADN. Et il y a 50 ans, soit en avril 2003, on annonçait officiellement le séquençage complet du premier génome humain.

Si certains penseurs, dont Juan Enriquez, avaient pressenti dès le début des années 2000 que ces découvertes allaient générer ce qu’on peut appeler aujourd’hui une révolution, tous n’étaient pas prêts à prédire que les informations décryptées dans l’univers infiniment petit de l’ADN allaient changer notre monde de manière aussi profonde.

Rien que dans les années 2010, l’obésité, le diabète, les maladies cardiovasculaires ou la tuberculose étaient des maladies dont on ne contrôlait ni l’apparition, ni l’évolution. C’est sans compter qu’à cette époque, c’est plus de 40 % du budget national qui était dépensé en soins de santé! Que dire, à l’époque, des ravages du cancer ou de l’état de la planète en matière d’environnement...

Si les médias et l’opinion publique avaient le nez collé sur l’effervescence que connaissaient les réseaux sociaux durant cette décennie, les chercheurs et les bâtisseurs du secteur de la génomique se démenaient pour promouvoir et développer le potentiel d’un secteur d’activités dont on ne mesurait même pas l’ampleur qu’il aurait aujourd’hui!

Un bilan des grandes réalisations des 50 dernières années :

Pour le dire simplement, la génomique nous a permis de mieux comprendre notre propre évolution et constitution ainsi que celle des autres espèces pour faire face aux maladies et aux nombreux problèmes environnementaux que nous avions générés depuis la révolution industrielle. Et cela a été rendu possible grâce aux avancées en génomique qui ont permis de mieux comprendre les mécanismes biologiques pour ainsi résoudre de manière significative et positive les importants problèmes qui menaçaient le monde du vivant.   

Selon la chercheuse Emma Gélinas, professeure au Centre des sciences appliquées en génomique et directrice de la chaire en génomique écologique de l’Université du monde : “La faim dans le monde a diminué grâce aux techniques d’agriculture développées par les sciences de la génomique et nous avons amélioré notre productivité agroalimentaire tout en assurant un développement durable et écologique de nos territoires. Les agents producteurs des maladies infectieuses (virus, bactéries, etc.) sont encore monnaie courante, mais avec la génomique nous avons pu développer de nouveaux agents médicaux pour éviter les infections ou les soigner très rapidement. Ce sont des réalisations que seuls les chercheurs les plus visionnaires, voire les plus fous, auraient pu imaginer il y a 50 ans!”

Surtout, la médecine personnalisée n'est plus un mythe. Le bon médicament, à la bonne dose et pour le bon patient, est un paradigme qui est devenu une pratique courante. Si le cancer et les maladies cardiaques sont encore trop fréquents, force est de constater que la génomique nous a permis de mieux les comprendre et donc, de mieux contrôler, prévenir, voire guérir ces deux maladies dévastatrices.

D’un point de vue environnemental, nous avons réussi à réduire notre empreinte carbone, nous avons assaini notre air et nos précieux cours d’eau. Nous avons même réussi, grâce à la génomique, à développer des sources d’énergie propre pour notre environnement. La génomique a en effet permis de produire et d’utiliser des carburants fossiles plus propres grâce à une meilleure compréhension des composés cellulosiques, à l’amélioration des huiles végétales et à la fermentation microbienne sophistiquée de divers polymères. Les déchets de l’activité agricole, de la foresterie et des pêches d’il y a 50 ans sont maintenant devenus un réservoir intarissable de matériel pour la biotransformation dans des produits à valeur ajoutée et biodégradables de l’industrie alimentaire, pharmaceutique, cosmétique et de plastiques. L’industrie biochimique (géno-chimique) canadienne est aujourd’hui florissante et se classe parmi les leaders planétaires dans le domaine.

Les avancées génomiques ont également permis la mise en place d’une veille constante de la qualité des aliments par divers programmes de traçabilité. Ces programmes permettent non seulement de retracer les sources alimentaires (viandes, poissons, fruits, légumes, etc.), mais aussi la détection d’ingrédients étrangers à la nourriture et l’origine géographique de ces agents (bactéries, champignons, virus, insectes…).

Suivez l’hommage que L’écho de l’avenir rendra à ces chercheurs en génomique dans le cahier spécial sur la santé et l’innovation le 15 avril prochain.